
Pour permettre une réflexion plus approfondie, Monsieur le Recteur a proposé aux collèges de scinder cette journée en deux temps. La plupart des établissements ont donc retenu cette formule : une première demi-journée s'est déroulée la dernière semaine du mois de décembre, la seconde est prévue dans la seconde quinzaine du mois de janvier. En amont, le Recteur avait réuni les Principaux le 13 décembre, il avait insisté au cours de cette rencontre sur les objectifs pédagogiques des itinéraires de découverte et avait communiqué quelques informations relatives à l'organisation des enseignements.
La synthèse ci-dessous s'appuie sur les retours de 87 établissements, soit 45 % des collèges de l'académie. Elle peut être considérée comme représentative. Le dépouillement a été facilité par la mise en place préalable d'un canevas de remontée des observations et propositions.
Déroulement de la demi-journée :
Les enseignants ont participé massivement à la réflexion. Si les parents ont été informés systématiquement, ils n'ont en revanche pas été invités. Plusieurs établissements signalent la participation de la documentaliste, du conseiller d'éducation, parfois de surveillants. Un établissement signale la participation de la gestionnaire.
La réunion s'est organisée la plupart du temps autour d'une réunion plénière d'explication et de débats au cours de laquelle les principaux ont repris la présentation des objectifs et des modalités de mise en uvre des itinéraires de découverte. Ils se sont appuyés sur les textes communiqués par le Ministère, mais également sur le courrier du Recteur et le compte-rendu de la réunion de décembre. Des ateliers ont été organisés dans la majorité des cas, sur chacun des domaines, sur la définition de thèmes ou, beaucoup plus rarement, sur des sujets spécifiques : dans un collège, un atelier s'intitulait " des programmes aux thèmes " ; le second portait sur " la mise en uvre " ; dans un autre, trois ateliers ont été proposés : " intégration des contenus disciplinaires dans les différents domaines ", " " propositions d'objets d'étude ", et " productions individuelles et/ou collectives des élèves ".
Parmi les documents utilisés, on retrouve, outre les documents d'accompagnement, le livret " Nouvelles orientations pour le collège ", la circulaire du 8/6/2001, une partie du discours du ministre, la lettre du Recteur aux principaux, les textes proposés sur le site académique (" Des travaux croisés aux itinéraires de découverte ", " les compétences transversales en collège "), un document de l'Académie de Paris et des documents internes élaborés par les équipes travaillant sur les travaux croisés. Des exemples de fiches d'évaluation ont été étudiées. Un seul collège a travaillé avec les programmes.Si la plupart des ateliers ont présenté ou rédigé des compte-rendus, très peu d'établissements évoquent la rédaction d'un document de synthèse autre que celui adressé à l'inspection académique.
Les questions évoquées :
Beaucoup portent sur l'organisation et l'incidence sur les emplois du temps et la vie scolaire. Les questions sur les horaires planchers, sur l'utilisation d'HSA ont également été évoquées. L'insuffisance des moyens est parfois citée, eu égard à la nouveauté et à l'investissement que représentent les itinéraires de découverte : un collège remarque qu'il faudrait 2x72h et propose des séances d'une heure par semaine avec deux professeurs ; d'autres qu'il est difficile d'associer un troisième professeur
Le souhait de mettre en place des groupes réduits par rapport au groupe classe est souvent exprimé.
La question du volontariat des élèves revient fréquemment avec son corollaire lié aux contenus ancrés dans les programmes : comment faire que tous les élèves aient accès aux mêmes contenus ? Quelle harmonisation dans la progression des programmes si l'on crée des groupes/élèves et des groupes/classes ? Comment concilier liberté des choix et capacité d'accueil ? Comment motiver les élèves, faut-il rechercher des thèmes originaux ?
On relève quelques inquiétudes sur la difficulté à mener à bien le programme, et sur l'articulation entre le programme et les contenus des itinéraires : comment connaître le programme des autres disciplines pour effectuer une progression commune ?
La question du coût des productions des élèves et de leur prise en charge revient fréquemment.
Au plan pédagogique, certains collèges de ZEP évoquent le fait que pour des élèves en difficulté, le fonctionnement des groupes demande du temps, ce que ne permet pas la durée des itinéraires de découverte : comment traiter l'hétérogénéité dans ce cadre ? Comment gérer les mouvements d'élèves en cours d'année ?
Les collèges ruraux posent des questions spécifiques : peut-on proposer les quatre domaines ? Comment faire lorsqu'il n'y a qu'un enseignant par discipline, comment gérer la continuité nécessaire avec le turn-over des contractuels, qui représentent parfois près de 50% de l'effectif enseignant (cela peut être également le cas en ZEP) ? Ces petits établissements remarquent qu'ils ne pourront pas toujours offrir les quatre domaines, même en deux ans.
On relève un seul établissement où la discussion n'a pu avoir lieu du fait d'un blocage systématique, un autre où les questions témoignent d'une véritable méfiance doublée d'incompréhension et deux ou trois oppositions de principe. Mais globalement, l'approche a été constructive, les professeurs apprécient les possibilités de concertation offertes et ils ont pris le temps d'une réflexion pédagogique approfondie, même si de nombreuses questions -sur le lien avec les programmes, sur l'évaluation- ont été renvoyées à la seconde demi-journée. Beaucoup se sont appuyés sur l'expérience acquise dans les parcours diversifiés et les travaux croisés pour progresser dans l'interdisciplinarité, même si le regret de ne pas avoir bénéficié d'un bilan de ces mesures est plusieurs fois revenu. Les équipes ont fait preuve de beaucoup de bonne volonté et de créativité, et il semble qu'il y ait un accord global sur les finalités et la démarche des itinéraires de découverte.
Contenu pédagogique
Toutes les disciplines sont présentées comme propices à la mise en place des itinéraires, mais leur apparition est plus ou moins fréquente selon les domaines. Curieusement, le couplage -ou l'impossibilité de couplage- entre disciplines semble plus lié à des personnes qu'à la nature de la discipline : dans tel collège, on affirme que le programme de mathématiques ne se prête pas à la pluridisciplinarité ; dans tel autre, on constate que cette discipline figure dans trois des quatre domaines
Les couplages sont très diversifiés, on remarque fréquemment cependant les lettres et l'histoire-géographie, les lettres et les langues vivantes, les lettres et les arts plastiques, l'EPS et les SVT, les maths et la technologie.
Il est difficile de percevoir au travers des synthèses si des connaissances communes ont été identifiées dès cette première séance de travail. On évoque plutôt des compétences communes : recherche d'information, de documentation, production d'écrit ou d'oral, expression corporelle, travail en équipe, utilisation de l'informatique Certains collèges ont essayé de définir, par matière, des objectifs en fonction d'un thème commun, d'autres ont tenté de se donner des objectifs de développement de compétences en prévoyant l'évaluation.
Les thèmes évoqués sont très nombreux, même si beaucoup d'établissements ont renvoyé la discussion à la prochaine demi-journée. Il existe cependant souvent une confusion entre thèmes et sujets.On trouvera en annexe quelques exemples de thèmes déclinés par domaines.
Enfin, la question de la préparation est très peu évoquée, rares sont les collèges à insister sur la nécessité de bien expliquer aux élèves et à leur famille le sens et l'organisation de cette mesure. L'évaluation est souvent évoquée mais rarement abordée réellement (une douzaine de collèges), sauf par les collèges qui utilisaient déjà des grilles d'évaluation en Travaux Croisés. Quelques-uns posent la question du lien avec le Brevet d'Etudes Fondamentales.
Accompagnement pédagogique.
S'il y a bien une demande de formation, elle demeure vague (formation aux itinéraires de découverte) et est loin d'être systématique. On recherche plutôt des échanges de pratiques entre établissements d'un même bassin ou avec des établissements qui
ont déjà de l'expérience. On note également que le recours aux IA-IPR serait de nature à rassurer ceux des enseignants qui ont l'impression de se jeter dans le vide et les aiderait à lier programmes et itinéraires. Certains collèges renouvellent une demande de formation aux TICE.
Quant aux ressources pédagogiques, on craint ici ou là des difficultés d'accueil au CDI ou à la salle d'informatique. Si certains formulent des demandes de crédits de fonctionnement, quelques collèges ont déjà commencé à élaborer leurs propres outils (cahier de suivi, carnet de bord) ou à construire leurs propres ressources (classeur d'idées pour les ID, groupe de travail ).
Monique LESKO
Janvier 2002